L’économie et les entreprises françaises font toujours de la résistance face à la crise, mais les incertitudes restent fortes pour la fin de l’année. C’est le principal enseignement de la dernière note de conjoncture de la Banque de France, publiée ce mercredi.
L’activité devrait garder la tête au-dessus de l’eau, anticipe l’Institut d’émission, qui estime, mais sans avancer de chiffre, qu’au quatrième trimestre, la croissance du PIB « serait légèrement positive », après avoir atteint 0,2 % cet été selon l’Insee.
L’activité devrait continuer de progresser
« Dans un environnement conjoncturel difficile, marqué par une succession de chocs, l’activité continue à résister globalement », constate la banque centrale qui a interrogé, entre le 27 octobre et le 4 novembre dernier, 8.500 entreprises de l’industrie et des services. De fait, les chefs d’entreprise indiquent que leur activité « a légèrement progressé » en octobre dans ces deux secteurs (et est restée stable dans le bâtiment) et « anticipent une poursuite de cette tendance » en novembre.
Cette relative résistance tient pour beaucoup à une amélioration de la situation en matière de difficultés d’approvisionnement (43 % disent y faire face contre 48 % en septembre), à une décélération des prix des produits finis et des carnets de commandes qui ne se dégradent plus, même s’ils se sont stabilisés à un bas niveau. Les difficultés de recrutement semblent aussi s’atténuer un peu, même si elles touchent toujours plus de 50 % des entreprises.
La crise énergétique pèsera plus au quatrième trimestre
Mais la trésorerie des entreprises s’est dégradée au fil des mois. Et si nombre de Français sont déjà à la peine du fait de la hausse des coûts de l’énergie, pour les entreprises le choc est à venir, prévient la Banque de France qui leur a, pour la première fois, demandé d’évaluer comment elles ont ressenti la situation énergétique, tant en matière d’activité que sur leurs marges.
Jusqu’à présent, cet impact a été limité. Dans l’ensemble « un peu plus de 25 % des entreprises déclarent que la crise énergétique a eu un impact (faible ou fort) sur leur activité en octobre ». Mais elles sont beaucoup plus nombreuses à anticiper que ce sera le cas en novembre. La proportion des entreprises s’en inquiétant est en effet comprise entre 35 et 40 %. De même, elles sont, selon les secteurs, entre 44 et 66 % à anticiper que la situation énergétique aura un impact sur leurs marges.
De quoi fragiliser un peu plus leur situation financière, sans pour autant leur permettre d’augmenter leurs prix. Car si par le passé elles pouvaient se le permettre du fait des pénuries de produits qui conduisaient nombre de leurs clients à accepter des tarifs en hausse sans rechigner, la donne a changé.



















