Covid : la forte reprise économique fait espérer un léger mieux budgétaire

Le gouvernement doit préciser ce jeudi devant l'Assemblée nationale ses prévisions de déficit. La révision à la hausse de la croissance pour 2021 étonne certains économistes, mais elle aura « des conséquences positives pour les finances publiques », a promis Olivier Dussopt, le ministre des Comptes publics.


Jusqu’à présent, les courbes sanitaires et budgétaires suivaient des pentes similaires. Mais au moment où le variant Delta fait craindre une nouvelle vague pandémique, l’exécutif anticipe au contraire une éclaircie pour les comptes publics. Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, et Olivier Dussopt, le ministre délégué aux Comptes publics, doivent dévoiler ce jeudi devant l’Assemblée nationale une nouvelle trajectoire budgétaire qui pourrait se révéler meilleure qu’anticipée.

Cette tendance est la conséquence de la révision à la hausse de la croissance pour 2021 , qui pourrait atteindre 6 % au lieu du 5 % retenu jusqu’ici. « La reprise est plus forte que prévu », a souligné mardi Bruno Le Maire. Assez logiquement, cette croissance plus forte devrait relever les recettes fiscales et sociales. Et améliorer un déficit jusque-là annoncé à – 9,4 % du PIB en 2021. « Nous allons tirer les conséquences positives de cette croissance à 6 % », a convenu mardi, à l’Assemblée, Olivier Dussopt.

Les économistes surpris

Ce léger vent d’optimisme a pourtant surpris certains acteurs économiques. Charles-Henri Colombier, le directeur du pôle Conjoncture de Rexecode, se demande ainsi si le relèvement de la prévision de croissance à 6 % n’arrive pas « un peu à contretemps ». « L’obligation de présenter un pass sanitaire dans les restaurants, les cinémas, les parcs d’attractions, et certains centres commerciaux représente un aléa négatif sur la consommation. D’autant qu’on ne peut exclure de nouvelles restrictions », dit-il, rappelant le poids des anti-vaccins en France. Même interrogation pour la CPME, la Confédération des petites et moyennes entreprises, qui « craint les effets économiques d’une telle mesure » et réclame en conséquence un accompagnement financier.

Ce n’est pour l’instant pas l’intention du gouvernement, qui prévoit toujours de mettre progressivement fin aux dispositifs d’aides durant l’été avant de faire un nouveau point fin août. « L’économie française fait face à la crise depuis plus d’un an, et elle sait résister à des restrictions éventuelles. L’explosion des demandes de rendez-vous pour la vaccination depuis lundi a aussi de quoi nous rassurer pour la croissance », explique-t-on à Bercy.

Cet espoir d’une reprise plus forte que prévu n’efface pas de toute façon tous les casse-tête budgétaires de l’exécutif. Alors que la dépense publique devrait augmenter de 1,5 % en 2022 , à un rythme supérieur au 1,1 % annoncé en avril, Bercy pourrait aussi devoir intégrer, à terme, certaines mesures coûteuses annoncées pour septembre par Emmanuel Macron lors de son allocution, notamment le « revenu d’engagement » des jeunes. « Entre une croissance des dépenses plus forte que prévu et le fait que les effectifs publics seront stables sur le quinquennat et non pas en baisse comme promis, ce budget 2022 présente plusieurs renoncements », estime Eric Woerth, le président LR de la commission des Finances de l’Assemblée.


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