Covid : le télétravail s’installe dans la durée, avec des « risques pour la santé »

Surconnexion, sentiment de « travailler plus », fatigue, isolement… Alors que le télétravail s'installe dans la durée en mode hybride (sur site et à distance), certains employés disent être affectés par ce nouveau mode de travail, montre une enquête.


Riga, Latvia - March 28 2020: Tired businessman sleeping on his work desk while having a video call via a computer in the home office. Remote team meeting video online conference Exhausting Calls

Occasionnel avant la crise sanitaire, le télétravail s’installe dans la durée en France, avec un mode de travail « hybride », sur site et à distance, montre une enquête du réseau des Agences nationale et régionales pour l’amélioration des conditions de travail (Anact-Aract) publiée ce lundi.

Comme en 2020, une majorité d’employés souhaitent maintenir un niveau élevé de télétravail : plus de trois jours par semaine pour 36 % des répondants, à hauteur d’un ou deux pour 56 %, selon cette enquête réalisée en ligne du 24 février au 24 avril 2021 auprès de 2.864 répondants.

« Le travail hybride s’installe dans la durée et les organisations ont tout intérêt à continuer de tester, évaluer et ajuster les modalités de fonctionnement collectif adaptées (fréquences et formats de réunions, formes du suivi de l’activité, nombre de jours sur site et à distance…) », souligne le réseau qui parle de « nouveau défi ».

Un environnement matériel adapté

Usage des outils, organisation du temps… En un an, les entreprises ont su s’adapter. Près de trois quarts des répondants estiment ainsi disposer d’un environnement matériel adapté (72 %, contre 67 % en 2020) et d’outils numériques adéquats (95 %, contre 87 % en 2020).

Une majorité d’employés (77 %) s’estiment en mesure de réaliser l’ensemble de leur activité à distance (contre 61 % il y a un an). En revanche, seuls 20 % témoignent d’une prise en charge par l’entreprise des surcoûts liés à ce mode d’organisation.

Sentiment répandu de « surconnexion »

Mais les observations de terrain montrent également que les fonctionnements collectifs ont été « affectés » par le travail à distance qui présente aussi « des risques pour la santé », souligne le réseau.

Pour 37 % des répondants (17 % en 2020), les relations de travail se sont en effet plutôt dégradées. Quelque 63 % d’entre eux ont aussi le sentiment de « travailler plus » (67 % pour les manageurs), contre 48 % en 2020. Soixante-quatre pour cent des répondants se disent en « surconnexion », y compris ceux qui pratiquaient le télétravail avant le début de la crise. La moitié (35 % en 2020) ressentent de la « fatigue » et 40 % disent souffrir d’« isolement ». Au total, ils sont 39 % à appréhender le retour sur site.

Moins d’échanges avec les manageurs

Les relations avec leurs supérieurs se sont en revanche améliorées. Seuls 19 % disent aborder les difficultés liées à la réalisation du travail à distance avec leurs manageurs (40 % en 2020), et la fréquence des échanges managériaux s’est espacée (52 % échangent au moins une fois par semaine en 2021 contre 69 % en 2020).

Le réseau Anact-Aract décrit plusieurs facteurs : l’augmentation de la charge de travail pour rattraper le temps perdu ; la densification de l’activité à distance (travail supplémentaire réalisé sur le temps dégagé par la diminution des temps de pause, des échanges informels ou encore des temps de trajet) ; l’augmentation des plages horaires pour pouvoir travailler avec les collègues à distance et sur site ou pour gérer l’articulation entre vie professionnelle-vie personnelle.


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