Covid : les hôpitaux parés à l’exercice de déprogrammation

La pression sur les hôpitaux s'accentue avec le regain de l'épidémie de Covid au point que trois régions ont déjà annoncé la mise en place d'un plan blanc pour faire face à l'afflux. Les déprogrammations des patients non-Covid font progressivement leur retour.


A member of the medical staff takes care of a Covid-19 patient at the Pasteur hospital intensive care unit in Colmar, eastern France, on April 22, 2021. (Photo by SEBASTIEN BOZON / AFP)

L’exercice est déjà bien rodé. Pour faire face à la nouvelle vague du Covid, dopée par le variant Delta, les hôpitaux de Paca, Haute-Corse et Occitanie ont activé le « plan blanc » . Dans un premier temps, il s’agit de mobiliser les personnels hospitaliers pour faire face à l’afflux de patients en cette période estivale. Deuxième étape, débutée en Haute-Corse et Occitanie : les déprogrammations de patients dans les secteurs non-Covid pour porter les efforts sur les lits en soins critiques.

« Malheureusement on est rodés », soupire le docteur Jean-Jacques Morfoisse, directeur général adjoint de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie, qui commande la mise en oeuvre du plan au niveau local. Lors de la première vague, les déprogrammations s’étaient faites en catastrophe, sans schéma clair. Tout est désormais arrêté au niveau national, via le guide de pratiques de déprogrammations édicté par la Conférence nationale de santé à l’automne, décliné par les ARS.

« On cible les secteurs où il y a le moins de pertes de chances pour le patient à court terme. On ne fermera pas les secteurs de chirurgie cardiaque, de transplantation, de dialyse… En revanche, on va déprogrammer les chirurgies plastiques, orthopédiques, l’urologie… », détaille le professeur Nassim Kamar de l’hôpital de Toulouse.

L’impact du report des consultations et opérations sera moindre que lors des vagues précédentes. « En juillet et août la programmation est pratiquement arrêtée car beaucoup de chirurgiens sont en vacances » confirme Jean-Mathieu Defour, le directeur de l’hôpital de Bastia.

Retard sur le dépistage des cancers

Les retards et des consultations annulées depuis plus d’un an sont déjà importants. La Fédération hospitalière de France estime qu’en 2020, plus de 2 millions de consultations à l’hôpital n’ont pas eu lieu. « On a du retard notamment sur le dépistage des cancers, particulièrement sur les cancers du sein et du colon, note Jean-Jacque Morfoisse. On verra l’impact sur la mortalité d’ici quelques années. »

En Angleterre, une étude publiée dans « The Lancet » a estimé que plus de 3.500 personnes n’avaient pas pu recevoir de traitements pour des cancers du côlon et du rectum, soit 22 % de moins que l’année précédente, du fait de la baisse d’activité observée notamment au mois d’avril 2020.

Autre enjeu de la période estivale, trouver des personnels, très sollicités depuis deux ans. Les réquisitions sont pour l’instant exclues. « On fait sur la base du volontariat », explique Jean-Jacques Morfoisse.

Le gouvernement a déjà annoncé le 3 août le maintien des majorations de 50 % des heures supplémentaires et le prolongement des indemnisations pour les congés non effectués. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) indique aux « Echos » avoir versé 28 millions d’euros en 2020 au titre du paiement de 700.000 heures supplémentaires. Plus de 200.000 ont déjà été payées en 2021.


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