La progression du nombre d’autoentrepreneurs ralentie par le Covid

La France comptait 1,928 million d'autoentrepreneurs à la fin 2020. Après deux ans de croissance mirobolante portée par l'élévation des plafonds de chiffre d'affaires, les immatriculations ont marqué le pas pendant la crise sanitaire. Avec de fortes disparités sectorielles et géographiques.


A young man working for a food delivery service in a sustainable way, riding bike

Si leur nombre a encore augmenté, la crise sanitaire a calmé l’ardeur de la progression. Ils sont désormais 1,928 million d’autoentrepreneurs administrativement actifs en France, soit une augmentation de 17,5 % qui masque un ralentissement du nombre d’immatriculations, d’après le bilan trimestriel de l’Urssaf.

Avec 599.000 immatriculations, la progression est de 3,1 % par rapport à 2019. « Le rythme a fortement diminué mais cela reste positif », analyse Cyrille Hagneré, adjoint à la Direction des statistiques des études et de la prévision de l’Urssaf : « Avec le doublement des plafonds de chiffre d’affaires en 2018, on avait des progressions annuelles autour de 25 % . »

En moyenne 4.368 euros de chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires généré par l’ensemble des autoentrepreneurs sur l’année progresse de 0,8 % par rapport à 2019 pour flirter avec les 16 milliards d’euros. Un autoentrepreneur affiche en moyenne un chiffre d’affaires 4.368 euros, en baisse de 2,8 % en 2020. « La dynamique des inscriptions fait baisser le chiffre d’affaires moyen : les nouveaux inscrits ne sont généralement pas actifs tout de suite, explique Cyrille Hagneré. La crise sanitaire joue aussi. S’il y a eu un rattrapage en fin d’année, la chute de 17,3 % au second trimestre a pesé. »

L’explosion de la livraison à domicile (+63,3 % d’autoentrepreneurs économiquement actifs), qu’il s’agisse de colis ou de repas, joue aussi nécessairement sur la moyenne, puisque le chiffre d’affaires de ces activités n’est que de 1.835 euros fin 2020. « La crise sanitaire a affecté de manière très contrastée les différents secteurs d’activité et les territoires », note l’Urssaf.

Des effets de structure

L’activité a été fortement réduite dans les secteurs ayant subi des fermetures administratives. Le spectacle et les activités récréatives, le commerce de détail sur les marchés, les activités sportives, les taxis et VTC ainsi que l’hébergement sont particulièrement touchés, avec des baisses du nombre de déclaration de chiffre d’affaires comprises entre 8,2 et 15,7 %. Pire, « le chiffre d’affaires moyen déclaré chute respectivement de 12,5 %, 10,6 %, 24,8 %, 51,9 % et 28,1 %. Les activités de restauration et débits de boissons, très concernées par les restrictions, connaissent une baisse d’un quart de leur chiffre d’affaires », rapporte l’Urssaf.

Une disparité liée aussi aux zones géographiques. La moitié ouest du pays enregistre ainsi les hausses moyennes de chiffre d’affaires les plus importantes. Faut-il y voir un lien avec le contexte sanitaire moins dégradé de ces régions notamment pendant la première vague ? « C’est difficile de faire ce lien, car il y a aussi des effets de structure, tempère Cyrielle Hagneré. Par exemple, l’évolution du chiffre d’affaires en Ile-de-France (en hausse de 2,8 % en moyenne) est très liée au boom du secteur de la livraison. » Reste à voir si les tendances seront confirmées en 2021, alors que le variant Delta se verrait bien gâcher la reprise économique.


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