Les opposants au pass sanitaire ne réussissent pas à mobiliser l’opinion

Seuls 37 % des Français approuvent la mobilisation des anti-pass, selon un sondage Elabe pour « Les Echos », Radio Classique et l'Institut Montaigne. C'est très loin du niveau de soutien obtenu par les « gilets jaunes » en 2018. Pour une majorité, présenter le fameux sésame ne pose pas de problème, quel que soit le lieu.


A person uses a pass verification application on a smartphone to check a health pass displayed on a smartphone in Amneville, eastern France, on July 22, 2021. - French cinemas, museums and sports venues began asking visitors to furnish proof of Covid-19 vaccination or a negative test as the country, rolled out a controversial vaccine passport system. Other measures to contain the surge in new cases include the reintroduction of rules requiring masks to be worn outdoors in hotspots such as the western coastal area around Bordeaux. (Photo by JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Cafés, restaurants, centres commerciaux, hôpitaux, maisons de retraite, transports longue distance… Le Conseil constitutionnel rend son verdict ce jeudi sur l’extension du pass sanitaire, dernière ligne droite avant que les Français doivent montrer patte blanche à partir de lundi pour avoir accès à de nombreux lieux. Depuis quelques semaines déjà, les anti-pass sont dans la rue chaque samedi, le week-end dernier ils étaient plus de 200.000. Pour autant, le renforcement du « petit outil qui peut sauver des vies » , comme l’a présenté Emmanuel Macron lors de son allocution du 12 juillet, est loin de susciter le rejet.

Selon un sondage Elabe pour « Les Echos », Radio Classique et l’Institut Montaigne, seuls 37 % des Français approuvent cette mobilisation contre le pass sanitaire et son élargissement, quand ils sont 48 % à s’y opposer voire à y être hostiles. « Même s’il y a des ressemblances entre les opposants au pass et les « gilets jaunes », globalement, ils ne bénéficient pas du soutien de l’opinion publique », note Bernard Sananès, le président d’Elabe. La comparaison faite par l’Institut de sondage est flagrante : en novembre 2018, 73 % des Français approuvaient le début du mouvement des « gilets jaunes », et ils étaient encore 60 % deux mois plus tard.

« Le mouvement anti-pass est clairement minoritaire à ce jour, mais il n’est pas marginal », analyse Bernard Sananès. Selon lui, « il n’y a pas aujourd’hui le sentiment d’une manifestation par procuration qui avait été éprouvé au moment de la contestation des « gilets jaunes » ».

Réticences nombreuses

Reste que la question des libertés soulevée par les sympathisants de la mobilisation contre le pass sanitaire – dans lesquels on retrouve les plus jeunes, les électeurs des oppositions et les catégories populaires – ne doit pas être sous-estimée. Il y a des recoupements entre le profil des sympathisants et celui des anti-vax : les ouvriers y sont plus nombreux que les autres catégories socio-professionnelles, tout comme les jeunes et les partisans de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon.

Pour une majorité de Français, présenter le fameux sésame – soit une preuve de vaccination complète, un test Covid-19 négatif ou un certificat de rétablissement – ne pose aucun problème, quel que soit le lieu, même s’ils sont un peu moins enclins à le sortir pour aller dans un café ou un restaurant (55 %) que pour voyager (63 %). Parmi les sondés, 13 % ou 14 % disent ne pas avoir l’intention d’avoir de pass, où qu’ils se rendent.

Alors que le chef de l’Etat ne ferme plus la porte à la vaccination obligatoire pour tous – « nous devrons sans doute nous poser la question », a-t-il avancé le 12 juillet dernier- quatre Français sur dix y sont actuellement opposés, selon l’enquête d’Elabe. Une preuve des tensions que le sujet suscite , alors que des appels à la grève ont été lancés chez les soignants et les pompiers . 40 %, « c’est plus que le seul chiffre des non vaccinés », fait remarquer Bernard Sananès. « La vaccination obligatoire nécessiterait donc un niveau de pédagogie, voire de contrainte difficile à mettre en oeuvre. Si 80 % des Français se disaient favorables, Emmanuel Macron aurait raison d’y aller. Là, les réticences sont nombreuses », décrypte-t-il.

Sondage réalisé les 2 et 3 août auprès d’un échantillon de 1.000 personnes (méthode des quotas).


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