L’initiative des sénateurs LR sur la prime alimentaire fait polémique

Les sénateurs ont substitué une prime forfaitaire pour les bénéficiaires de la prime d'activité à l'aide exceptionnelle de rentrée du gouvernement. Au grand dam de la gauche et de la majorité présidentielle. Le sujet devait faire partie des points durs de la négociation à la commission mixte paritaire sur le projet de loi de Finances rectificative mercredi soir.


Après le RSA dont ils avaient tenté de minorer la revalorisation dans le projet de loi de mesures d’urgence sur le pouvoir d’achat, le détricotage de l’aide alimentaire exceptionnelle. Les élus républicains ont encore provoqué une belle polémique, cette fois-ci lors de la discussion du projet de loi de Finances rectificative (PLFR) que le Sénat a adopté dans la nuit de mardi à mercredi .

Le projet de loi initial du gouvernement prévoyait que les familles modestes touchent un montant de 100 euros par adulte et 50 euros par enfant en sus de l’allocation de rentrée scolaire qui sera versée le 16 août pour ceux scolarisés. Au total, 8 millions de foyers rassemblant 15 millions de Français devaient être concernés par le dispositif qui englobait les bénéficiaires de l’allocation logement, ceux des minima sociaux et les étudiants boursiers. Le coût budgétaire figurant dans le PLFR (son contenu relève d’un décret) était estimé à un peu moins de 1 milliard d’euros.

4 millions de foyers versus 8 millions

Le Sénat a adopté un amendement du rapporteur général du budget, Jean-François Husson, qui lui substitue une prime forfaitaire de 150 euros fléchée sur les seuls bénéficiaires de la prime d’activité et ceux de l’allocation adulte handicapé. Il faut « faire en sorte que les Français qui occupent un travail, travailleurs pauvres ou modestes, trouvent au moment de la rentrée un soutien exceptionnel de 150 euros par foyer », ceux qui « souvent passent à côté » des aides. Le tout pour 200 millions d’euros de moins.

Le ministre délégué aux Comptes publics, Gabriel Attal, a donné un avis défavorable à cette transformation qui « reviendrait à retirer le bénéfice de l’aide à 4 millions de foyers pauvres ». Mais l’amendement a été adopté par les sénateurs des groupes LR et centriste, à l’exception d’une poignée d’entre eux, comme Elisabeth Doineau (Union centriste), qui s’est dite « hostile » à une mesure qui « exclut notamment des femmes seules avec des enfants ».

Un point dur

La mesure a été fustigée par la gauche sénatoriale. « Vous profitez de la nuit pour vous permettre de taper une fois de plus sur les plus pauvres », a accusé l’écologiste Thomas Dossus, le socialiste Rémi Féraud dénonçant un « amendement très idéologique ».

La mesure devait être âprement discutée lors de la commission mixte paritaire sur le projet de loi de finances rectificative mercredi dans la soirée. Avec d’un côté des sénateurs LR qui en ont fait un de leurs marqueurs et de l’autre des députés Renaissance qui défendent le dispositif gouvernemental et n’entendent pas réduire sa voilure. Sachant qu’une restauration du dispositif dans sa version initiale laisserait de côté certains bénéficiaires de la prime d’activité (déjà revalorisée de 4 % par ailleurs) – le public que veulent toucher les Républicains.


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