Réforme de l’Etat : les préfets évalués sur leurs résultats

Le Premier ministre doit signer ce vendredi la première lettre de mission qui va instaurer une évaluation sur trois ans de l'action des préfets sur la base d'une batterie de critères liés aux réformes gouvernementales. Le Comité interministériel sur la transformation publique doit également faire le point sur l'envoi de 6.000 agents de l'Etat en province.


French prime minister Jean Castex delivers a speech next to French Minister for Transformation and Public Services Amelie de Montchalin, French Junior Minister of Public Action and Accounts Olivier Dussopt and French Junior Minister of Remembrance and Veterans Affairs Genevieve Darrieussecq at Landes prefecture. On February 5th 2021.//AMEZUGO_0091/2102051936/Credit:UGO AMEZ/SIPA/2102051939

Entre la gestion de la crise sanitaire et les réformes qui vont directement les toucher, l’année 2021 est décidément agitée pour les préfets. Déjà confrontés à l’annonce gouvernementale d’une suppression prochaine du corps préfectoral qui régit leur carrière , ces hauts fonctionnaires vont également devoir composer avec une nouvelle culture du résultat. Ainsi, l’évaluation de leur action en fonction de toute une batterie de critères bien précis doit être définitivement lancée ce vendredi par Jean Castex, qui tiendra le sixième comité interministériel de la transformation publique du quinquennat en Haute-Saône, aux côtés de quatre ministres.

Cette évolution avait été amorcée en février dernier, lors du dernier comité interministériel . Depuis des mois, le Premier ministre et la ministre de la Transformation publique, Amélie de Montchalin, rappellent l’obsession d’Emmanuel Macron de voir ses réformes appliquées concrètement sur le terrain et parcourir ainsi « le dernier kilomètre » jusqu’aux citoyens. Pour y parvenir, l’exécutif entend impliquer au maximum les préfets. « Nous leur avons donné des moyens supplémentaires et des marges de manoeuvre en termes de ressources humaines », souligne-t-on dans l’entourage d’Amélie de Montchalin. Mais la contrepartie est une exigence plus forte en matière de résultats.

Batterie de critères

Les préfets de départements et de régions se sont vu sonder depuis plusieurs mois sur les 88 objectifs prioritaires des politiques gouvernementales, et sur 64 projets locaux structurants. Chacun en a retenu 16 en moyenne (11 sur les politiques gouvernementales, 5 pour les autres) qui vont devenir les critères sur lesquels leur action – et donc le futur de leur carrière – va être évaluée pour les trois prochaines années.

L’équipe gouvernementale actuelle est friande de ce genre d’outils, puisqu’elle a également mis en place pour le grand public un baromètre d’une quarantaine d’indicateurs pour le suivi de ses réformes.

Mouvement de « démétropolisation »

« Concernant les préfets, c’est très varié, cela va du déploiement du réseau France Services à celui du plan « 1 jeune, 1 solution » , en passant par la lutte contre les stupéfiants ou l’artificialisation des sols », explique une source gouvernementale. Ce vendredi, Jean Castex doit signer la première lettre de mission du genre pour la préfète de Haute-Saône, et une centaine d’autres doit suivre d’ici la fin de l’été. Une illustration parmi d’autres de la mise sous tension de l’administration qu’Emmanuel Macron avait promis lors de son élection, il y a quatre ans, pour une réforme de l’Etat qui a pour le moment produit des résultats timides.

Au-delà, ce comité interministériel doit faire le point sur le mouvement de déconcentration des administrations centrales vers la province. Ce mouvement de « démétropolisation » est censé concerner 6.000 agents de l’Etat, et au dernier pointage le principal effort sera fait une nouvelle fois par Bercy (3.000 agents) , suivi du ministère de l’Intérieur (1.000 emplois).


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